• 16 mai 2022
  • Guillaume de Reynal
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Le vocabulaire de la désunion, de la différenciation est celui qui met en valeur, contre toute logique, la racialisation en tant que moteur de lutte sociale. Un vocabulaire créé à contre-courant des recherches et découvertes actuelles des chercheurs généticiens garantissant l’inexistence des races, allant jusqu’à l’encontre du vote à l’unanimité par l’assemblée nationale pour la suppression du mot race de la constitution française.

Il s’agit d’une analyse et même d’une idéologie que l’on peut qualifier de dangereuse, en ce sens qu’elle nie le concept d’universalisme ou de tout-monde, si cher à notre écrivain martiniquais, Edouard Glissant ou le concept de fraternité égalitaire prôné par Martin Luther King Jr.

La «cancel culture» segmente la société, le monde en termes de race, de sexe, de préférence sexuelle et de religion, nous positionnant dans de multiples face-à-face sans issue, exception faite d’une montée de la haine et de la violence entre ces segments sociaux. Au lieu de percevoir l’autre par les caractéristiques qui nous rassemblent, nous l’enfermons dans sa différence qui pourtant est minime et superficielle.

Le journal «L’humanité», classé à gauche, s’interroge sur les possibles dérives de cette vision qui s’impose dans certains milieux particulièrement élitistes en tant que système de pensée unique.

Passons en revue ces termes qui provoquent la controverse, l’objectif qui en découle ainsi que leurs conséquences dans notre actualité.

«Cancel culture» ou culture de l’effacement concernant les discours, les écrits jugés non conformes, cet effacement pouvant se concrétiser par une exclusion d’un groupe social, culturel ou de recherches.

«L’intersectionnalité», consiste à examiner les évènements sociaux par le croisement d’angles différents, par exemple, la «race» et le genre ou le genre et la religion.

«Racialisation» (ou «racisation») est un terme introduit par l’essayiste et psychiatre martiniquais, Frantz Fanon afin de décrire les rouages aboutissant aux discriminations.

«Racisé» définit une personne qui subit un phénomène de racialisation menant à la discrimination.

«Racé» décrit une personne qui a de la «race», de l’élégance.

Il est évident que ce type de lexique vise à créer des scissions  et pointe à nouveau le doigt sur des différenciations d’individus ou de groupes d’individus.

L’objectif apparemment louable est de renverser les relations de pouvoir au profit de ceux faisant partie des minorités, mais aussi de soumettre ceux perçus comme des privilégiés aux minorités. Cela se traduit par une véritable censure, même à de l’exclusion, particulièrement dans le monde des universitaires et des chercheurs. Harcèlement sur les réseaux sociaux, démissions, licenciements, annulations de conférences se suivent tant aux Etats-Unis qu’en France.

La conséquence première de la «cancel culture» est essentiellement une focalisation sur la race ainsi qu’une assignation ou un enfermement des minorités à une seule capacité de rébellion, mettant en doute leurs aptitudes et leurs capacités intellectuelles à rivaliser avec les groupes sociaux considérés comme dominants.

Guillaume de Reynal

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