• 17 juillet 2021
  • Guillaume de Reynal
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A lire avec un fond de DILLON ou en pensant à « Dillon’s rock »

Jamais dans l’immensité de l’Océanie un natif de Martinique ne vécut autant d’aventures que Peter Dillon.

C’est bien loin de sa Caraïbe natale que le fils de l’aristocrate Irlandais propriétaire (comme on pouvait l’être sous l’ancien régime) de son régiment mis au service de la France et en garnison en Martinique, entama sa vie d’adulte :

Quand Peter Dillon (1,93 mètre et pesant plus d’un quintal, dotée d’une voix forte et animée d’un tempérament parfois violent) quitta la Martinique, il fut ramené par son père en Irlande et, se retrouva engagé dans la marine jusqu’en 1808, date à laquelle il fit sa grande entrée dans le Pacifique Sud, à Fidji, à bord d’un navire santalier.

Qui était-il, santalier(1), beachcomber(2), capitaine, explorateur, négociant, écrivain, polémiste, éditeur… ?

Accompagnons le dans deux moments de sa vie d’aventures :

En 1813, il travaillait à bord du navire « Hunter », lorsque celui-ci jeta l’ ancre à Fidji pour y faire le plein de santal.

 

Le 6 septembre 1813, alors que la récolte de bois ne se faisait pas à un rythme satisfaisant, son second et ses hommes eurent un accrochage sévère avec les Fidjiens, qui devaient fournir le bois dont il avait besoin. Le capitaine fit détruire un grand nombre de pirogues, ce qui eut pour effet de déclencher une guerre immédiate entre locaux et santaliers.

les hommes descendus à terre étaient dans l’impossibilité de regagner le bateau et quelques-uns furent cernés sur une hauteur (depuis lors baptisée Dillon’s Rock).

 

Et c’est ainsi que bien loin de « la dillon » se dresse dillon’s rock !!!(3)

 

En 1826, toujours sillonnant le Pacifique, il rencontra sur l’île de Tikopia, aux Salomon des beachcombers rescapés de la bataille de 1813 aux îles Fidji,
Dillon fut surpris en découvrant que l’un deux vendait une poignée d’épée en argent.

 

Dillon mena l’enquête et compris rapidement :d’autres pièces provenant visiblement de bateaux européens lui firent penser qu’il était en présence des restes possibles des deux navires de l’expédition de La Pérouse, l’ « Astrolabe » et la « Boussole » dont la disparition était l’un des plus grand mystère de la marine en cette fin du XVIII début XIX éme.


Les anciens de Tikopia lui expliquèrent que deux grands navires avaient fait naufrage quand eux étaient encore jeunes.


Dillon en était désormais sûr, c’était bien à Vanikoro que La Pérouse avait fini son odyssée. S’il ne parvint pas, cette année-là, pour des raisons météorologiques, à aborder à Vanikoro, de retour à Calcutta, il publia un mémoire sur sa découverte et demanda à pouvoir mener des recherches pour récupérer des pièces, voire même des survivants.

Il reçut le commandement du « Research » et partit de Calcutta le 22 janvier 1827 pour revenir à Vanikoro le 5 septembre, après des escales en Tasmanie, à Port Jackson( Sydney) , à Bay of Islands et à Tonga Tapu.

 

Avec intelligence, Dillon avait expédié la poignée en argent de l’épée à Paris. Le 5 septembre, Dillon retrouva l’île de Tikopia ; cette fois-ci, il était armé pour faire du troc et acquérir le plus de pièces provenant des deux bateaux naufragés ; le 8 septembre, premières fouilles à Vanikoro et bonne pêche en termes d’objets mais aussi d’informations : les vieux se rappelaient très bien du double naufrage et du départ des survivant, après un séjour à terre, sur un petit bateau de leur construction (dont on ne retrouva jamais aucune trace). Ils expliquèrent également qu’ils avaient hébergé très longtemps des membres des deux équipages et que le dernier d’entre eux était mort quelques années auparavant seulement.

 

Cent cinquante ans plus tard une association de plongeurs basée en nouvelle Calédonie avec le support de la marine nationale viendra sur les lieux terminer les recherches et publier de beaux ouvrages sur le sujet. 

 

Le reste de la vie du marin-aventurier se partagera entre Australie et Nouvelle Zélande avant qu’il ne s’éteigne à paris en 1847, aussi loin des mornes de son enfance que des récifs bordant les iles de sa vie d’homme.


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(1) trafiquants de bois de santal, très recherché sur le marché chinois principalement

(2) Terme générique pour les marins, aventuriers du XIXème dans le pacifique 

(3) sur l’ile de viti levu à Fidji

Micro bibliographie

Peter DILLON « capitaine des mers du sud par Jean GUILLOU »

Association Salomon « le mystère LAPEROUSE « 

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