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Lettres du comte de Ferbeaux, propriétaire du château de Mazères[1], au directeur de ses habitations à la Martinique


          Voilà, ci-après, la reproduction d’un article paru dans le n°384 du Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Gers, 2e trimestre 2007. Pour les sociétés savantes, la numérisation et mise en ligne des articles parus dans leurs revues était – et reste encore souvent – un souci. Cet article n’était jusqu’à présent accessible qu’en ayant en main le bulletin édité ; son positionnement sur le site de « Construire notre vivre-ensemble » lui donnera – espérons-le – une plus grande visibilité. Il s’agit, en l’occurrence, de lettres écrites par le comte de Ferbeaux, vivant en Gascogne, au géreur de ses propriétés martiniquaises (les habitations du Limbé, du Charpentier et de l’Union, au nord-est de l’île). Ces correspondances sont d’autant plus intéressantes qu’elles couvrent une période charnière, allant de 1845 à 1857, autrement dit avant mais aussi après l’abolition de l’esclavage. En « point d’orgue », les directives données au géreur au moment de l’abolition vont certainement intéresser plus d’un lecteur.

          Cet article montre l’importance des échanges épistolaires entre un propriétaire absentéiste – mais connaissant la Martinique – et le géreur de ses habitations dans l’île : préoccupations, instructions, mais aussi opinions et points de vue s’y côtoient, apportant quelque éclairage sur les mentalités de l’époque en général – et des personnages concernés en particulier. Le commentaire publié en préambule donne le cadre général éclairant ces correspondances, sans trop entrer dans le détail, cependant. Par ailleurs, il n’est pas surprenant que les esclaves (puis les affranchis) n’apparaissent qu’en arrière-plan dans ce type de documents, puisqu’il s’agit d’écritures émanant du maître. Ces lettres sont présentées ici seulement augmentées de quelques précisions mises entre parenthèses (l’usage aurait voulu qu’elles le soient entre crochets […], mais c’est un inconvénient mineur).

Il serait à souhaiter qu’une étude plus approfondie permette d’en savoir davantage sur ces habitations, ses propriétaires, ses ateliers – esclaves puis affranchis et indiens (coolies) –, sur certains événements insulaires évoqués, sur les difficultés économiques et fiscales rencontrées, sur la concurrence entre canne à sucre et betterave sucrière – dont il est seulement fait état çà et là. Toujours est-il que, même livrées telles quelles, ces lettres ont déjà une belle valeur documentaire.

          Quelques précisions pour les lecteurs qui ne connaissent pas la Gascogne : le château de Mazères est administrativement situé sur le territoire communal du village de Barran (bourgade à environ 15 km d’Auch), et à une dizaine de kilomètres de la petite ville de Mirande (au statut de sous-préfecture). Précisons que la lettre publiée en fin d’article, datée du 26 janvier 1852 et issue de la main de la comtesse de Ferbeaux, fait clairement allusion aux protestations contre le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, qui allait instaurer le Second Empire.

Jean-Louis DONNADIEU


[1] Ancienne résidence des évêques d’Auch, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de cette ville. Aujourd’hui propriété privée.

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