Facebooktwitterpinterestlinkedinyoutubeinstagram

Janvier Littée, né à Saint-Pierre (Martinique) le 1er juillet 1752, était un riche négociant et propriétaire mulâtre de la Martinique.

Le père de Janvier Littée, (qualifié d’homme de couleur), pourrait être Joseph LITTÉE qui était en 1777, « receveur général de la Caisse des Nègres »

A la suite de nombreux troubles et en particulier, le massacre des mulâtres en juin 1790 à Saint-Pierre par des révolutionnaires furieux d’apprendre qu’une majorité se dessinait pour accorder aux hommes de couleur le droit de vote en interprétant libéralement la loi du 8 mars 1790, et ayant été le premier signataire métis d’un document listant les revendications des libres de couleur, Janvier Littée devra quitter la Martinique, après l’arrestation d’un de ses émissaires à Sainte-Marie.

Le 28 mars 1792, l’Assemblée législative accorde l’égalité civile et civique totale aux libres de couleur et le 22 août 1792, elle établit le suffrage universel masculin dans les colonies pour tous les citoyens libres.

Le décret de l’Assemblée nationale du 28 mars 1792 établit ainsi les droits politiques accordés aux mulâtres et noirs libres :

« L’Assemblée nationale, considérant que les ennemis de la chose publique ont profité des germes de discorde qui se sont développés dans les colonies, pour les livrer aux dangers d’une subversion totale, en soulevant les ateliers, en désorganisant les forces publiques et en divisant les citoyens des horreurs et de l’incendie (…) L’Assemblée nationale reconnaît et déclare que les hommes de couleur et les nègres libres doivent jouir, ainsi que les colons blancs, de l’égalité des droits politiques, après avoir décrété l’urgence, décrète ce qui suit:

Art. Premier – Immédiatement après la publication du présent décret, il sera procédé dans chacune des colonies françaises des îles du vent et sous-le-vent à la réélection des assemblées coloniales et des municipalités(…) Art.2- Les hommes de couleur et nègres libres, seront admis à voter dans toutes les assemblées paroissiales et seront éligibles à toutes les places, lorsqu’ils réuniront les conditions prescrites par l’article IV du l’instruction du 28 mars. Art.7.- L’Assemblée nationale autorise les commissaires civils à requérir la force publique toutes les fois qu’ils le jugeront convenable, soit pour leur propre sûreté, soit pour l’exécution des ordres qu’ils auront donnés en vertus des précédents articles. Art.8- Le pouvoir exécutif est chargé de faire passer dans les colonies une force suffisante et composée en grande partie de gardes nationaux. »

Réfugié à la Dominique, Janvier Littée participe aux élections à la Convention organisées le 28 octobre 1792 par des révolutionnaires en exil et est le seul député de la Conventon, élu de couleur.

Il représente son île sous la Révolution. Il siége à la Convention nationale avec Jean Crassous de Medeuil et Michel Fourniols d’octobre 1793 à octobre 1795, puis au Conseil des Cinq-Cents avec ce dernier jusqu’en mai 1797.

Dans les papiers de la commission Courtois, on trouve un document indiquant que Robespierre, en juillet 1794, faisait espionner Janvier Littée pour ses supposées relations secretes avec des colons de Saint-Domingue Page et Brulley, emprisonnés quelques semaines après le décret du 4 février 1794, abolissant l’esclavage dans les colonies.

Napoléon Bonaparte, en 1799, supprime la représentation parlementaire des colonies. Les protestations des colons et de leurs relais parisiens n’y changeront rien. Cette éviction sera prolongée durant trente ans sous la Restauration (1814-1830) et la Monarchie de Juillet (1830-1848).

En mai 1802, les troupes de Napoléon débarquent en Guadeloupe et après de violents affrontements, l’esclavage y est rétabli le 16 juillet 1802. Les pourparlers de la Paix d’Amiens restituent la martinique et Sainte-Lucie à la France. La Martinique reste sous le régime de l’esclavage qui n’avait pas été aboli par les anglais.

Le 5 septembre 1802, un nouvel arrêté permet le retour des propriétaires blancs dans la colonie. La police des Gens de couleur libres et des esclaves est rappelée le 27 septembre 1802.

Villaret de Joyeuse craignant le soulèvement des libres de couleur ordonne l’arrestation de Janvier Littée, ancien député et ancien membre du conseil des Cinq Cents, le 1er janvier 1803. Le 2 janvier, il est embarqué sur le Berceau en direction de Brest. Il est emprisonné quelques jours après son arrivée dans la rade de Lorient, à la fin du mois de février 1803. Interdit de séjour en Martinique, le ministre de la Marine et des Colonies Denis Décrès (1761-1820) le contraint à rester en exil à Paris.

Janvier Littée meurt à Paris le 10 mars 1820.

Références bibliographiques :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k852318p/f1.item

Abel A. Louis, Janvier Littée : Martiniquais premier député de couleur membre d’une assemblée parlementaire française (1752-1820) : l’homme, son milieu social, son action politique, L’Harmattan, Paris, 2013.

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

2 comments on “Littée Janvier

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.