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Dès Octobre 1942, le premier convoi de dissidents antillais part vers les Etats-Unis. D’autres convois les rejoignent durant les mois qui suivront.

Différents bataillons antillais furent créés et notamment le Bataillon Antillais n°1 dont nous pourrons suivre le parcours grâce aux documents mis à disposition.

Une base de données américaine met à disposition les noms des passagers ayant débarqué à New York entre 1820 et 1957. Grâce à un nom, il est possible de retrouver les noms de tous les individus ayant débarqué le même jour, faisant partie de la même unité, le nom du navire sur lequel ils ont voyagé ainsi que les caractéristiques du navire.

https://heritage.statueofliberty.org/passenger

The Statue of Liberty―Ellis Island Foundation, Inc

Le Bataillon Antillais n° 1 est formé dans le camp Fort Dix, base militaire située dans le New Jersey, aux Etats-Unis. L’unité est placée sous le commandement du chef de Bataillon Dreanno.

Le 13 septembre 1943 , l’unité, rebaptisée du titre de Bataillon de marche des Antilles n°1 quitte le camp du Fort Dix. Elle Débarque à Casablanca le 12 octobre 1943, achève sa formation au camp d’El-Hajeb.

Durant cette année 1943, la répression continue à sévir en Martinique et en Guadeloupe particulièrement contre les Francs-maçons et les fonctionnaires. Des descendants de colons sont emprisonnés dont Emmanuel Rimbaud, Joseph de Reynal et Louis de Reynal.
Louis de Reynal qui fut envoyé dans la prison du Fort Napoléon (archipel des Saintes en Guadeloupe).

En avril 1943, le Comité Martiniquais de Libération Nationale est créé dans la clandestinité, sous l’impulsion de Victor Sévère, ancien maire-député de Fort-de-France et d’Emmanuel Rimbaud. Le comité déclenche une manifestation le 18 juin, date anniversaire de l’appel du Général de Gaulle. L’Amiral Robert fait arrêter Emmanuel Rimbaud et Auguste Réjon.
Victor Sévère est mis en résidence surveillée. Les manifestations de rue se succèdent et le 24 juin 1943, la foule grossit jusqu’à atteindre environ 10 000 personnes.

L’Amiral Robert est obligé de négocier avec Hermence Véry. Ce dernier obtient la libération de Rimbaud, Réjon et Sévère. Le commandant Henri Tourtet qui dirige le camp de Balata intervient pour protéger la population des menaces de tirs de l’amiral Robert. Abandonné par l’armée, celui-ci part sur le croiseur Bertin.. Le 14 juillet, Henri Hoppenot (1891-1977) ambassadeur à New York, proclame le ralliement de la Martinique à la France libre. Robert quitte la Martinique pour Porto-Rico.

Le Bataillon des antilles n° 1 continue son périple. Après avoir passé la frontière algéro-tunisienne, en fin d’année 1943, il passe par Sousse. En janvier 1944, il est intégré à la Division des Français Libres (DFL).

Il participe à la campagne d’Italie – Débarquement à Naples le 3 mai 1944. Le 1er juin 1944, le BFA1 prend le nom de 21° Groupe Antillais de défense contre avions.

Il participe ensuite à la campagne de France – Débarquement à Cavalaire le 16 août 1944. Il passe par les hauteurs des Vosges et des montagnes de Bresse, en octobre et novembre 1944. Il participe aux attaques du Bataillon de Marche n°4 (BM4).

En Basse-Alsace du 3 au 19 janvier1945. Participation à la défense terrestre d’Herbsheim du 7 au 10 janvier 1945. Région de Sélestat jusqu’au 7 mars. Mouvement vers Grasse du 15 au 20 mars. Déploiement du Groupe dans la région de Nice, Cap Martin (transports et occupation de forts pour la défense côtière) jusqu’au 5 mai puis région de Mougins du 5 au 8 mai 1945.

Le Bataillon antillais est dirigé vers Marseille le 21 septembre1945 en vue de sa démobilisation et de son rapatriement sur les antilles et est placé sous le commandement de Paul Lemerle.

On doit malheureusement noter le manque de reconnaissance des faits de bravoure des résistants et des dissidents antillais, le Conseil national de la Résistance (CNR) ayant mis un veto à cette reconnaissance. Quant à la mutinerie du camp de Balata menée courageusement par le commandant Henri Tourtet pour rallier la France combattante, elle est un épisode oublié de l’histoire alors qu’il a permis une libération de la population locale antillaise sans aucune autre intervention.

Le 25 juin 2009 lors d’une visite dans l’île, Nicolas Sarkozy, alors Président de la République Française, rattrape plus de 60 ans d’oubli en accordant à certains dissidents antillais la Légion d’Honneur. Mais nombre d’entre eux ne sont toujours pas jusqu’à ce jour, totalement reconnus en tant que résistants.

Photo : Commandant Henri Tourtet

Guillaume de Reynal
«Construire notre vivre-ensemble»

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