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04 Février 1891 — 09 Février 1945

Raphaël Jean Marie Joseph Élizé naît le 4 février 1891, au Lamentin, en Martinique. Il est le troisième d’une famille de sept enfants et de parents relativement aisés. Le grand-père paternel, Gustave Elizé (1825-1885) était un entrepreneur de travaux publics, maître charpentier de Marine et premier Adjoint au Maire de Sainte-Rose en Guadeloupe. Son père Anselme Rose Augustin était contrôleur des contributions marié à Jeanne Agnès Elisabeth Le Camus fille d’un huissier et Juge de paix, Augustin Léopold Le Camus.

Raphaël Élizé et sa famille échappent de peu à l’éruption de la montagne Pelée.. Son père, fonctionnaire est nommé à Paris dans le cadre du plan d’aide aux sinistrés de Saint-Pierre. Raphaël est un jeune adolescent lorsqu’il arrive en métropole. Il suivra ses études dans les lycées Montaigne, Saint-Louis et Buffon.

En 1910, il entre à l’école vétérinaire de Lyon. Il obtient son diplôme en 1914, juste avant le début de la Première Guerre mondiale. Enrôlé au 36e régiment d’infanterie coloniale, il combat en tant que soldat puis comme vétérinaire et sera décoré de la croix de guerre.

En mars 1919, il épouse à Paris, Caroline Marie Hayot (1891-1946), fille du conseiller général de la Martinique et industriel, André Marius Hayot.

Le couple s’installe dès octobre 1919, à Sablé-sur-Sarthe, commune de la région des pays de la Loire, zone agricole et d’élevage de chevaux et bovins. Il devient vice-président des comices agricoles, administrateur de la Caisse d’épargne, président des Anciens combattants et de l’organisme des logements sociaux.

En 1924, il s’engage dans la politique en adhérant à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Il devient conseiller municipal de l’opposition. En 1929, grâce à l’alliance des socialistes aux radicaux, Raphaël Elizé est élu maire de la commune de Sablé sur Sarthe. Il est l’un des premiers maires antillais noirs ou métis, en France métropolitaine.

Il est réélu en 1935. Lors d’une célébration du rattachement de la Martinique à la France, il se rend à Saint-Pierre dont le maire est son jeune frère Maxence Elizé et prononce un discours en faveur d’un « assimilationnisme égalitaire ».

Maire très actif sur sa commune de Sablé-sur-Sarthe, il y crée un cours préparatoire, un service de pédiatrie, une maternité, une maison du peuple pour les syndicats, une cantine communale, un terrain de football et la première piscine homologuée de l’Ouest de la France.

La deuxième guerre mondiale interrompt sa carrière politique. Il est d’abord mobilisé en septembre 1939 comme vétérinaire à Hirson dans l’Aisne avec le grade de capitaine, puis démobilisé en 1940. Mais en septembre 1940, la Feldkommandantur, unité de commandement de l’occupation allemande, s’oppose à la reprise de ses fonctions en tant que maire : « Il est incompréhensible pour le ressentiment allemand et pour le sens du droit allemand qu’un homme de couleur puisse revêtir la charge de maire ».

En mars 1941, Raphaël Elizé est destitué par le préfet de la Sarthe. Il exerce donc sa profession de vétérinaire puis s’engage dans la résistance à partir du printemps. Dénoncé et arrêté en septembre 1943, il passe quelques mois à la prison d’Angers, puis au camp de Royallieu, près de Compiègne, avant d’être finalement déporté à Buchenwald le 17 janvier 1944.

Il est grièvement blessé lors du bombardement allié de l’usine d’armement allemande de la Gustloff-Weimar, Raphaël Elizé meurt à Buchenwald le 9 février 1945, à l’âge de 54 ans.

 

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2 comments on “ÉLIZÉ Raphaël

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