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09 Janvier 1795 — 22 Janvier 1858

Cyrille Charles Auguste Bissette (1795-1858) né à Fort Royal, était le fils de Charles Borromée Bissette, un mulâtre originaire du Marin et d’une métisse libre Élizabeth Mélanie Bellaine, fille reconnue de Joseph Gaspard Tascher de la Pagerie, le père de Joséphine de Beauharnais, future impératrice et première épouse de Napoléon.

En début de carrière, Cyrille Bissette est un négociant. Il participe à la répression de la révolte des esclaves du samedi 12 octobre 1822. Il s’agissait pour les insurgés de massacrer les propriétaires d’esclaves et d’incendier la capitale.

Bissette reconnaît son erreur et il écrira plus tard :  « Ce fut un tort grave de la part des hommes de couleur et de M. Bissette lui-même que d’être intervenus dans cette insurrection des esclaves pour la comprimer.»

Sa prise de conscience sur le sort des esclaves l’engage sur la voie de l’abolitionnisme. En décembre 1823, une brochure dénonçant le système esclavagiste circule en Martinique. Le texte est attribué à Cyrille Bissette qui est arrêté et emprisonné.

Il paie cher son engagement pour «l’égalité des noirs et des blancs». Il est marqué au fer rouge, passe deux ans dans les prisons de Brest et échappe de justesse au bagne. Exilé dans l’Hexagone pour une période de dix années, Bissette ne cesse de se battre pour l’abolition alors que Shoelcher défend une émancipation progressive.

En 1834, il fonde la « Revue des colonies » dont le but est de combattre l’esclavage par une abolition immédiate. En juillet 1835, il présente un projet de loi déclarant en son article 1 que les ressortissants des colonies doivent être « libres et égaux en droits sans distinction de couleur ». Pour Cyrille Bissette, il n’était pas question d’une libération conditionnée à un rachat ou à un engagement de travail, mais d’une libération totale et immédiate. En janvier 1836, il écrit : «Nous n’avons jamais pu concevoir un état intermédiaire entre la liberté et l’esclavage ; l’esclavage une fois aboli, doit mourir tout entier.»

En raison d’une lutte politique sans merci avec Victor Schœlcher, Bissette est exclu de la Société française pour l’abolition de l’esclavage et de la commission chargée d’élaborer le projet de décret d’abolition du 27 avril 1848.

Dès mars 1849, Cyrille Bissette appelle à l’oubli du passé et au rassemblement de toutes les composantes de la population martiniquaise. Une alliance avec Auguste Pecoul en vue des élections législatives de juin 1949 provoque la colère et l’indignation des gens de couleur libres qui l’accusent d’avoir trahi sa race et de s’être vendu aux blancs. Il fera l’objet d’une campagne de haine et de dénigrement de la part des partisans de Victor Schœlcher.

Bissette est élu député le 3 juin 1849 et occupe son siège jusqu’au 2 décembre 1851, date du coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte, son cousin issu de germain.

Le chantre de l’abolitionnisme quitte la politique et devient un simple greffier de justice en 1853. Il s’éteint dans l’anonymat à Paris, le 22 janvier 1858, à l’âge de 63 ans.

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1 comment on “BISSETTE Charles-Auguste

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