Victor Sévère
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Le 10 mai 1940, l’armée allemande attaque la France qui est envahie par le Nord. L’armée française, l’une des plus puissantes du monde est réduite à la défaite la plus totale. Le général Pétain signe l’armistice avec l’Allemagne, le 22 juin, 1940. Ainsi commence le régime de Vichy.

Une partie de la flotte française se dirige alors vers les Antilles. L’amiral Robert gouverne désormais la Martinique, alors que le gouverneur Constant Sorin s’installe en Guadeloupe. Ils n’ont de cesse d’appliquer implacablement et de façon dictatoriale les directives du gouvernement de Vichy.

Le ministre des Colonies en métropole, Henry Lémery, mulâtre martiniquais est renvoyé et remplacé par le secrétaire d’Etat et vice-amiral Platon qui organise la mise en œuvre du pétainisme en outre-mer.

En 1940, les populations de la Martinique et de la Guadeloupe sont jusqu’alors des citoyens Français qui détiennent le droit de vote et délèguent leurs voix à des représentants à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Le 1er juillet 1940, Paul Valentino (1902-1988), avocat mulâtre, déclare l’illégalité du régime de Vichy. Il est soutenu par les élus guadeloupéens. En Martinique, Victor Sévère (1867-1957) qui est alors député-maire de Fort-de-France, démissionne afin de marquer sa réprobation du nouveau régime. Tous deux participeront ensuite au ralliement des Antilles aux Forces Françaises libres. Victor Sévère et Emmanuel Rimbaud, fondateurs du Comité Martiniquais de Libération Nationale (CMLN) seront les initiateurs du soulèvement contre l’administration vichyste en avril 1943.

L’application des mesures répressives s’accélère autant en Martinique qu’en Guadeloupe. Les élus insurgés comme Paul Valentino sont arrêtés, exilés et emprisonnés. La dissolution des conseils généraux est décrétée et la citoyenneté Française est enlevée aux antillais.

Les institutions judiciaires et policières prennent le tournant du tout répressif et s’attaquent aux sympathisants du gaullisme, aux francs-maçons, libanais, syriens, ainsi qu’aux juifs en recensant et confisquant tous leurs biens.

A partir du mois d’août 1940, les américains organisent un blocus empêchant les ravitaillements des denrées alimentaires afin de faire céder le régime de Vichy aux Antilles. Le système «D» et le marché noir remplacent fébrilement les liens commerciaux transatlantiques avec la métropole.

Les membres du clergé, les notables, les entrepreneurs, les fonctionnaires doivent prêter serment de fidélité à Pétain.

L’alcool est prohibé et des fouilles sont imposées jusqu’à l’intérieur des domiciles pour la saisie des bouteilles de rhum.

La colère de la population donne place à la montée de la dissidence antillaise.

A partir de 1942, et plus particulièrement en janvier 1943, de nombreux jeunes martiniquais et guadeloupéens répondent à l’appel du Général de Gaulle de rejoindre les Forces Françaises Libres, se cachent afin de ne pas être pris par les garde-côtes pétainistes, montent sur de frêles embarcations pour des traversées incertaines vers la Dominique et Sainte-Lucie pour rejoindre les formations militaires au Canada, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Environ 2000 résistants dissidents Guadeloupéens ont rejoint la Dominique et un nombre équivalent de résistants dissidents Martiniquais ont rejoint Sainte-Lucie.

Guillaume de Reynal
«Construire notre vivre-ensemble»

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