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« Je suis noire et belle » – Verset du Cantique des Cantiques biblique (CT 1,5)

Pourtant la traduction latine est devenue « nigra sum sed formosa », c’est-à-dire « Je suis noire, mais je suis belle » ou « Je suis noire, pourtant je suis belle. »

Le texte initial en hébreu de la chanson de Salomon est « chehora ani ve nava » : chehora signifie « noire, sombre », ani « je », ve « et », nava « belle à voir ».

On voit donc ce que l’erreur de traduction intentionnelle ou non d’une simple conjonction de coordination entraîne. « Noire et belle », deux adjectifs qualifiant la beauté se transforment en négativité par le « mais » ou le « pourtant ».

Pourquoi parler de la traduction de cet extrait de la chanson du roi Salomon ? Pour en venir au mythe de la malédiction de Cham.
Le mythe de la malédiction de la figure biblique de Cham (ou Ham, fils de Noé et père de Canaan) – Genèse 9,22-27, provient également d’une erreur de traduction, d’une erreur d’interprétation qui est devenue la justification de l’esclavage des populations noires, car il en a été déduit que Ham est l’ancêtre du peuple noir et donc que toute sa descendance serait marquée du sceau de la soumission…

Ham ayant vu la nudité de son père Noé reçoit une malédiction. Noé maudit, non son fils Ham, mais Canaan, son petit-fils, en disant « Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères. » Nulle part, dans les textes bibliques, il n’est précisé que Ham et Canaan ont la peau noire…

Pour en savoir plus : https://www.cairn.info/revue-pardes-2008-1-page-9.htm

Aurore Holmes
« Construire notre vivre-ensemble ».

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