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L’éruption volcanique de la Montagne Pelée le 8 mai 1902 a été l’une des plus meurtrières de l’histoire. Elle a été qualifiée, par les scientifiques, d’éruption explosive se manifestant par l’expulsion brutale de magma et de gaz. Les matériaux émis sont majoritairement fragmentés par les explosions et sont éjectés sous la forme de cendres volcaniques, de blocs de toutes tailles dont des ponces en formant un panache volcanique et des nuées ardentes.

Cette éruption n’est pourtant pas survenue brusquement et des milliers de vies auraient pu être sauvées si les décisionnaires de l’époque avaient été en mesure d’évaluer les risques encourus par les Pierrotins.

De multiples signes précurseurs de l’explosion ont lieu dès le mois de février 1902 : des fumerolles s’élèvent du cratère sommital. En avril, des séismes sont ressentis, de fortes odeurs de soufre se répandent et des pluies de cendres couvrent Saint-Pierre. Au tout début du mois de mai, les séismes et les chutes de cendres s’intensifient. Les rues sont envahies de scolopendres venimeux et de serpents fer-de-lance fuyant les cendres brûlantes et tuant une cinquantaine de personnes. Dans la nuit du 7 au 8 mai des coulées de boue dévalent les pentes jusqu’à Macouba, Basse-Pointe et Grand-Rivière faisant déborder la rivière du Prêcheur et causant la mort de centaines de personnes.

Mais ces signes, malgré les craintes qu’ils peuvent susciter, ne sont pas compris à l’époque. De plus, en raison de l’imminence des élections législatives, les autorités administratives s’obstinent à ne pas évacuer les habitants, le gouverneur Louis Mouttet et son épouse Hélène de Coppet s’installant même à Saint-Pierre le 7 mai pour rassurer la population.

Enfin, le 8 mai, la catastrophe se produit vers 8 heures du matin : une explosion suivie d’une nuée ardente puis une épaisse émulsion brûlante de gaz, d’eau et d’éléments produisant un panache noir en forme de champignon haut de plus de 4 km au-dessus du volcan qui s’effondre sur lui-même; la ville de Saint-Pierre est soufflée par l’onde de choc et brûlée par la nuée ardente et de la boue, des blocs et des cendres se répandent sur 40 km2, jusqu’au milieu de la rade.

En quelques minutes, quelque 28000 personnes périssent, parmi lesquels, le gouverneur et son épouse, le maire Rodolphe Fouché et des consuls.

La ville de Saint-Pierre, le Paris des Iles, la Perle des Antilles, jusqu’alors capitale économique de la Martinique, est entièrement détruite.

Après avoir été rattachée administrativement au Carbet, elle ne retrouve son statut de commune qu’en 1923. Labellisée Ville d’Art et d’Histoire en 1990 par le ministère de la Culture et de la Communication, son activité est devenue essentiellement touristique, grâce à son histoire unique et à son patrimoine culturel terrestre et sous-marin (épaves de navires). Le musée municipal, fondé dans les années 1930, a été rénové en 2019 pour devenir le « Mémorial de la Catastrophe de 1902 ».

Une base de données concernant les disparus de l’éruption volcanique de Saint-Pierre a pu être établie à partir d’objets, de documents retrouvés dans les ruines, d’archives ainsi que de témoignages des rescapés de la catastrophe dans le cadre des travaux des archives nationales et départementales et est accessible via le lien suivant :https://www.stpierre1902.org/database/

Guillaume de Reynal
«Construire notre vivre-ensemble»

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