Facebooktwitterpinterestlinkedinyoutubeinstagram

L’Histoire de la Martinique est liée à une économie insulaire spécifique centrée sur la culture de la canne à sucre et on ne peut parler de la canne sans aborder un produit symbolique, le rhum.

L’Histoire de la canne à sucre et du rhum est celle d’un passé douloureux, d’un présent qui divise encore, mais aussi celle d’un avenir pouvant se révéler créatif et prometteur.

Le Révérend Père Labat (1663-1738) atteint de fièvre, fut sauvé, semble-t-il, en buvant une décoction obtenue de la fermentation de déchets sucrés appelée à l’époque taffia. Il est à l’origine de plusieurs avancées techniques, Il dirigera et développera au nord de Sainte-Marie le couvent-habitation-sucrerie du Fonds Saint-Jacques (construit par les Dominicains en 1658), optimisera la fabrication du sucre et perfectionnera les processus de la fabrication du tafia, en important des alambics de Charente conçus pour l’élaboration de l’«eau ardente», ancêtre du cognac.

C’est également à cette époque que le rhum produit en Martinique se révéla comme une arme redoutable et inattendue lors de la guerre qui opposa Français et Hollandais.

En effet, le 19 juillet 1674, les Hollandais tentent la conquête de la Martinique. Ils ont à leur tête l’amiral Michiel de Ruyter (1607 – 1676). L’attaque est opérée au large de la baie Cul-de-Sac-Royal, au Sud-ouest de l’île.

Dix-huit navires hollandais transportent 7000 hommes. Les Français sont désemparés car leur défense n’est composée que de 160 hommes.

Mais le destin bascule soudain en faveur des Français.
Des vents faibles ralentissent l’avancée de la flotte hollandaise et permettent aux Français de mettre en œuvre leur stratégie. Ils détruisent trois des navires hollandais grâce aux canons installés à Fort-Royal. Le reste de la flotte hollandaise doit débarquer dans une zone marécageuse.

Les attaquants Hollandais trouvent sur leur route des entrepôts de rhum. Epuisés, assoiffés et probablement ignorants de la puissance du breuvage, ils vident les bouteilles jusqu’à l’ivresse totale puis partent à l’attaque de Fort-Royal.

Plus de 1000 hollandais sont massacrés et les autres n’ont d’autre issue que de battre en retraite. Cet affrontement désastreux de Fort-Royal est appelé la «bataille du rhum».

Pour en revenir à l’évolution économique de la canne à sucre, la Martinique vend au XVIIIe siècle des mélasses (déchets de l’industrie sucrière) aux colonies nord-américaines puis commence à produire le rhum industriel. C’est au 19e siècle, alors que le cours du sucre s’effondre, que l’idée de distiller du jus de canne fermenté fait son chemin et que naît le rhum agricole.

Actuellement la production agricole constitue une part réduite de la production intérieure brute de la Matinique, donnant place au tourisme, aux services et à l’industrie.

De nouvelles orientations s’offrent à la canne à sucre comme, par exemple, la production de biocarburants, de composants pharmaceutiques.

Plus surprenant encore, la canne à sucre pourrait permettre une autonomie totale en électricité. L’île Maurice et la Réunion le démontrent actuellement.

Sur l’île Maurice, depuis une quinzaine d’années, la bagasse, le résidu fibreux issu du broyage de la canne à sucre, est largement mise à contribution pour produire de l’électricité, au point désormais de pourvoir à 14% des besoins de l’île.

A la Réunion, depuis 1992, la bagasse est également utilisée pour la production d’électricité et d’engrais.

La canne à sucre n’a pas encore dit son dernier mot sur l’île de la Martinique. Comme ses habitants, elle peut se révéler être une richesse insoupçonnée, si elle se tourne vers un avenir résolument constructif…

Guillaume de Reynal
«Construire notre vivre-ensemble »

Facebooktwitterredditpinterestlinkedinmail

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.